Les Atlas thématiques de la Côte d'Ivoire
Les Atlas thématiques de la Côte d'Ivoire proposent une lecture intégrée et territorialisée des principales dynamiques démographiques, économiques, agricoles, sociales et de développement durable du pays. Couvrant l'ensemble du territoire national, ils constituent un outil de référence pour l'analyse spatiale, la planification et l'aide à la décision publique.
Le projet s'articule autour de cinq atlas complémentaires :
- L'Atlas de la Population, qui analyse la structure, la répartition et les évolutions démographiques ;
- L'Atlas des Activités Économiques, qui met en évidence l'organisation spatiale de l'économie ;
- L'Atlas de l'Agriculture, qui valorise les systèmes de production agricole ;
- L'Atlas de la Pauvreté et des Inégalités, qui identifie les vulnérabilités sociales ;
- L'Atlas des ODD, qui permet de suivre les progrès du développement durable.
1.Cadre socio-démographique
de la Côte d'Ivoire
Comprendre la structure et les dynamiques de la population ivoirienne
Le cadre socio-démographique constitue le point d'entrée fondamental pour comprendre les transformations économiques, sociales et territoriales de la Côte d'Ivoire. Entre 1975 et 2021, la population ivoirienne a connu une croissance rapide, accompagnée d'une urbanisation soutenue et de mutations profondes dans la structure par âge et par sexe.
Cette dynamique démographique exerce une pression croissante sur les infrastructures, les services sociaux et l'emploi, tout en offrant un potentiel important lié à la jeunesse de la population. L'analyse de la densité, de la distribution spatiale et des mobilités internes permet d'identifier les territoires en forte croissance, les pôles d'attraction urbains et les zones en transition.
Axes couverts dans cette section
- Population totale et croissance démographique
- Structure par sexe et par âge
- Pyramide des âges
- Densité et répartition spatiale
- Urbanisation et dynamiques territoriales
- Mobilité et migrations internes
Population totale et croissance démographique
La population de la Côte d'Ivoire connaît une croissance soutenue depuis plusieurs décennies. Selon les séries statistiques disponibles, le pays est passé d'environ 3,67 millions d'habitants au début des années 1960 à plus de 31,9 millions en 2021. Cette dynamique démographique résulte à la fois d'une fécondité encore élevée, d'un accroissement naturel positif et de mouvements migratoires internes et externes qui ont marqué l'histoire du pays. L'analyse de l'évolution récente met en évidence un rythme de croissance particulièrement marqué sur les vingt dernières années.
Population totale et
croissance démographique

L'évolution démographique sur les années 2000, 2015 et 2021 révèle une Côte d'Ivoire en croissance rapide, passant de 17,69 à 29,63 millions d'habitants (+84 % en 21 ans) ;
en urbanisation accélérée, avec un élargissement constant des zones urbanisées ;
en transformation socio-spatiale profonde, les cartes montrant une augmentation progressive des densités et une diffusion de l'urbanisation au-delà des grands pôles traditionnels.
Urbanisation & dynamiques
Territoriales
Taux d'urbanisation
Les concentrations les plus marquées apparaissent autour des grandes villes : Abidjan, Bouaké, Daloa, San Pedro, Korhogo et Gagnoa. La zone d'Abidjan se démarque nettement par un noyau important de carreaux rouges, illustrant une densité exceptionnelle comparée au reste du territoire.
Globalement, la carte met en lumière un pays où la population est largement répartie, mais avec des pôles urbains dominants qui structurent fortement l'armature du territoire.

Urbanisation & dynamiques
Territoriales
ÉVOLUTION DU TAUX D'URBANISATION (%)
Source : RGPH / ANSTAT - Côte d'Ivoire (1921-2021)
Les décennies 1970 à 1990 marquent une urbanisation de plus en plus massive. La population urbaine se compte désormais en millions et les villes s'étendent, parfois plus vite que leur capacité d'aménagement. À partir des années 2000, la croissance urbaine se poursuit mais à un rythme plus modéré, traduisant une transition vers une urbanisation structurelle et durable.
En 2021, avec plus de 15,7 millions d'habitants vivant en milieu urbain, soit plus de la moitié de la population nationale, la Côte d'Ivoire est devenue un pays majoritairement urbain. Cette trajectoire, marquée par des ruptures et des accélérations successives, pose aujourd'hui de nouveaux défis en matière de planification urbaine, de logement et de développement territorial.
Urbanisation & dynamiques
Territoriales
RÉPARTITION DE LA POPULATION PAR STATUT MIGRATOIRE
Source : Recensement Général de la Population (RGPH 2021) | ANSTAT
Abidjan : Le primat de l'attractivité nationale
Le District Autonome d'Abidjan présente le profil le plus atypique :
Poids Démographique : Avec plus de 5,5 millions d'habitants représentés sur ces deux segments, Abidjan confirme son rôle de « poumon » du pays.
Structure Migratoire : Environ 58 % de sa population a un statut de migrant (3,2M contre 2,3M de natifs sédentaires). Statistiquement, cela signifie qu'Abidjan est une ville de « nouveaux arrivants ». Ce flux constant pose des défis majeurs en termes de planification urbaine, de logement et d'infrastructures de transport.
Urbanisation & dynamiques
Territoriales
RÉPARTITION DE LA POPULATION PAR STATUT MIGRATOIRE
Source : Recensement Général de la Population (RGPH 2021) | ANSTAT
Au-delà de la capitale économique, deux types de profils se dessinent :
Les zones de forte insertion (Sassandra-Marahoué, Montagnes, Bas-Sassandra) : Dans le district de la Sassandra-Marahoué, la population ayant migré est presque le double de la population sédentaire (1,58M vs 0,8M). Cela s'explique historiquement par l'attractivité des zones forestières et cacaoyères, qui continuent d'attirer une main-d'œuvre importante.
Les zones de stabilité relative (Zanzan, Woroba, Denguélé) : Ces districts présentent les volumes de population les plus faibles. On y observe un équilibre plus marqué entre sédentaires et migrants, bien que le statut « Déjà migré » reste majoritaire, souvent le signe de migrations circulaires ou de retours vers les centres urbains régionaux.
Urbanisation & dynamiques
Territoriales
L'hégémonie de la "Migration de durée de vie"
Les zones de forte insertion (Sassandra-Marahoué, Montagnes, Bas-Sassandra) : Dans le district de la Sassandra-Marahoué, la population ayant migré est presque le double de la population sédentaire (1,58M vs 0,8M). Cela s'explique historiquement par l'attractivité des zones forestières et cacaoyères, qui continuent d'attirer une main-d'œuvre importante.
Les zones de stabilité relative (Zanzan, Woroba, Denguélé) : Ces districts présentent les volumes de population les plus faibles. On y observe un équilibre plus marqué entre sédentaires et migrants, bien que le statut « Déjà migré » reste majoritaire, souvent le signe de migrations circulaires ou de retours vers les centres urbains régionaux.
STATUT MIGRATOIRE PAR MILIEU ET GRANDS DISTRICTS
Source : Traitement spécial ANSTAT - RGPH 2021

